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Tuesday, March 30, 2010

Wishing for voice to be heard down the valley


About the 42nd International Meeting
of the Writers for peace Committee,
between the 24th-28th.3.2010
Everything begins and ends with the word. The poetry reading by Renato Quaglia and Silvana Paletti in a dialect of the Resia Valley (in the border zone between Slovenia and Italy) opened the yearly meeting of the Writers for Peace Committee near the Bled Lake. Who does not wish to have his or her voice heard, who does not think that the discourses of dominant paradigms have already become worn out coins (as Nietzsche asserted), and that we urgently need invigorating voices to be echoed in the lacking regions of the world?
     We all live in lacking regions – lacking of such sense which is built in friction with the material and human world, with that environment which wraps us. During three days, seventy-three writers from twenty-nine countries discussed problems related to globalization as an opportunity or a new colonization, to the consequences of such globalization for literature, to the day and night dreams as promoting or threatening peace. During three days the questions have been common, the answers have been diverse but not necessarily opposite.
     Globalization? Globality? Mondialisation, in French meaning? The word games may get out of orbit and it is suitable to keep one’s feet on an earth which we wish to make worthier dwelling. As soon as one accepts the language of globalization, stressed the P.E.N. President, John Ralston Saul, we are talking about, and perhaps assuming an economic dimension which suffers under a false rationality. The role of the writers would therefore be placed in the heart of politics without falling into the exchangeable and worn out slogans of party and government politics, without becoming a victim of the functional network of economics. Literature, as Marketa Hejkalova stressed, is always a resistance focus, also through the minority character of many languages in which it is written. That’s why it should be multiplied with translations in numerous languages, so Francisco Belard, secretary of the Portuguese Centre.
     We live, as the Slovene writer Miha Pintaric stressed, as if we had no boundaries. And the big world society should precisely incite us to face a plurality of alterities, so that we should be allowed to retrace permanently the fluid outlines of our identity, always fragile and permeable. To listen to the landscape that surrounds us, with its diversity of voices, human voices ant other.
     We live, I would here add, as if we were invulnerable and immortal. As if we could gallop on the day dreams without letting them become nightmares, like the monsters that Goya’s reason engendered. About such things and much more we have heard the Albanese novelist Ismail Kadaré, who lives in Paris, speak. He read us a short story full of acid irony which was called “The dream bringer” and tells us about the terrible restrictions imposed to the liberty of managing space and memories.
     We never leave the conflict focuses, which remain from one year to another our permanent concern – the lack of liberty of expression in Russia, the repression of the Uyghur culture through the Chinese government, and the Middle East, always. Bluma Finkelstein, an Israeli poet and a member of the French Centre, who lives in the pluricultural city of Haifa, where the three religions of the Book coexist side by side, defended the biblical necessity of becoming the guardians of our brothers. Someone’s face (whom we may hardly know) can only be defended by the resistance of the words. They are delicate weapons, but they do not quit facing the discourse of the dominant paradigms, which themselves already contains so many empty and shallow zones. Entela Kasi, form the Albanese Centre, evokes the memory of her grandmother, confined through the dictatorial regime to the limits of the family house and defending the invention of an alternative world.
     But such inventions may become deadly, if they come out of fictions which are contaminated by an unbearable historical weight. In this way, the Israeli state would have seen its dream to land at last in its promised world corner become into the nightmare of repressing permanently many of the inhabitants of the occupied territories after the Six Days War, stressed Zeki Ergas from the French Swiss Centre. The awakening may be painful, according to the words of Amos Oz, absent yet present in the words of many participants, engaged in a struggle against all forms of fanaticism. It may be an awakening of amputated patients on a hospital bed, who little by little would learn to walk again, would learn to give each other the hands that might be paralyzed through the anesthesia of so many decades of ideological stubbornness. It may be hard to walk, even to move a finger, but the word cannot wait. And it was with a sign of hope that the bridges to a literature festival - “Words beyond borders” – began being built. It is expected to take place in December in Haifa.
Teresa Salema
Vice-Chair of the Writers for Peace Committee
President of the Portuguese PEN Centre
30th March 2010

Rencontres du Comité pour la Paix
du PEN Club
à BLED (SLOVENIE)
Peut-on rêver d'un tel berceau pour accueillir les rencontres du comité pour la paix du PEN club?
Paisibles sont les paysages cachés au cœur des montagnes slovènes
Paisibles sont les sourires de nos hôtes, accueillants et bienveillants
Paisible sont les mots empreints de tendresse que prononce Edvard Kovac
Paisibles sont les échanges des écrivains malgré thème ardu «Littérature et globalisation» ou la paix entre rêves diurnes et rêves nocturnes.
     C'est dans cet «entre» du lac et de la montagne qu'on peut imaginer le miracle de la paix. Miracle-mirage au sens où le lac miroite l'abrupt du rocher mais dilue sa rugosité en nuances bleutées qui se succèdent comme autant de vagues, qui le polissent de la même façon que les débats se succèdent et policent, se creusent et s'apaisent dans la richesse de la diversité des interventions.
     Il semble qu'au plus fort des tempêtes de plume, les vagues ne puissent trouver apaisement, pourtant le miracle se produit sur des espaces très simples : écoute, respect, affabilité qui puisent à la source de l'art de vivre slovène.
     Nous avons expérimenté cet art de vivre nous lorsque retournant aux valeurs de la terre, nous avons visité une ferme coopérative qui accueille les touristes et leur offrent le cadre soigné de la montagne, la restauration où la beauté des plats s'allie avec le goût d'un terroir qui se revivifie. Le présent puise dans le meilleur du passé, le réinvente et ces innovations de l'organisation agricole sont propices à l'échange, au dialogue.
     Alors surgissent les mots «société-monde, peuple-monde» dans les interventions des écrivains qui s'opposent aux constats terrifiants qui menacent la planète.
     Ce constat a été dit, répété au cours des interventions mais quelques grands principes ont été rappelés: «l'écrivain a une responsabilité et un devoir envers le peuple» écrit Assel Omar du PEN de Russie, car ajoute-t-elle : «tous les peuples du monde ont les mêmes problèmes et les mêmes joies». C'est bien cet universalisme qui rapproche les peuples et leurs écrivains. Ce rêve, Edvard Kovac nous le conte «la lumière du regard de l'Autre a réveillé sa pensée et sa parole» mais réaliste il nous dit «notre époque est méfiante envers les utopies». Bien des interventions ont stigmatisé le rationalisme instrumental jusqu’à ce que John Ralston Saul, Président du PEN International vienne insuffler la nécessité de d'une raison qui doute et de forces qui font équilibre: l'intuition, l'éthique etc. , cet équilibre des forces peut seul empêcher les tyrannies et les intégrismes, tout comme le travail de la langue est le devoir premier de l'écrivain, travail de la langue qui doit sans cesse combattre celui de la communication réductrice, de la bureaucratie sans imagination et de la traduction sans âme.
     «L'écrivain actuel vise le mot authentique» écrit Edvard Kovac, ce mot authentique, nous l'avons écouté en l'invité d'honneur Ismael Kadaré qui honoré de sa présence ces rencontres et dont le livre «le château des rêves» vient d'être traduit en slovène.
     Dans la soirée de lecture, entretien et musique, offerte par la municipalité de Ljubljana, nous avons saisi, anticipé les mots de Bluma Finkelstein de Galilée qui nous rappelé que la paix sans justice ne veut rien dire et dont le texte a développe l'idée «je suis le gardien de mon frère».
     L'histoire nous rappelle Francisco Belard (Portugal) c'est le rêve d'un seul monde, de cent littératures, de mille langues, des écrivains et partout des traducteurs pour les langues minoritaires, qu'elle soit Ouïgour en Chine, hongroise en Slovaquie mais surtout c'est le rêve de paix qui traverse l'humanité depuis Jaurès, Ganghi, Matin Luther King ainsi que le rappelle Sylvestre Clancier.
     Art de vivre des slovènes décliné lors des soirées poétiques et musicales où l'art baroque réunissait musiciens et chanteurs dans le cadre du très beau chanteau de Bogensperk, berceau d'autres rêves intellectuels qui puisent leurs inspirations de la montagne, de la forêt et de la rivière, pour les universaliser.
     Autant de bains paisibles qui ont accompagné chacun des membres réunis, attention envers l'autre jusque dans la dispute qui s'ouvre tolérante à l'autre tout en restant ferme.
     Se parler, échanger, se confier parfois et rire...ressentir, rêver, vivre ensemble, tels ont été les verbes de cette rencontre.
     A chaque heure le lac s'éclairait d'une lumière nouvelle, d'une tendresse nouvelle. Ils sont rares les moments de grâce où la paix prend corps dans un ressenti individuel et collectif, une respiration où le temps coule plus doucement, où la beauté, la bonté et la justice remplacent la laideur, la méchanceté et la violence, où se réconcilient le doute et la raison, l'utopie et la sagesse, l'inscription de mots réels dans un devenir où la rencontre se renouvelle, belle et simple telle la jeune femme chantant la « douce mémoire » de Diego Ortiz et en attente du mal d'amour pour s'envoler.
     Un immense merci AU PEN Slovène et à tous les participants qui ont permis d'être ensemble des artisans de la paix.
Nicole Barrière
Secrétaire générale adjointe PEN France


42e. Conférence Internationale
Comité des Écrivains pour la Paix
(BLED, SLOVENIE 24-29 Mars 2010)
° 73 écrivains venus de 29 centres différents – représentant pays, régions, cultures et langues … ;
° 3 tables rondes – sur : l’économie politique de la globalisation, la littérature et la globalisation, et les rêves diurnes et nocturnes de la paix, notamment au Moyen orient;
° 1 grande réunion du Comité des écrivains pour la paix – avec la participation active de nombreux centres, ainsi que John Saul, le nouveau président et Eugene Schoulgin, le SI;
° 2 réunions informelles de préparation - dont une pour la conférence, Mots au-delà des frontières, à Haïfa, en décembre 2010
     - avec la participation d’écrivains du bassin méditerranéen : arabes, musulmans, juifs et chrétiens pour promouvoir la paix et la compréhension dans la région;
° la présence d’Ismail Kadaré, le grand écrivain albanais, comme hôte d’honneur – une interview par Edvard Kovac dans laquelle il a rappelé que toutes les dictatures, les régimes totalitaires tentent de contrôler les rêves et l’imagination des peuples, mais que cette tentative est toujours vouée à l’échec, car impossible…;
° réception par Mr. Danilo Türk, le président de la république slovène - qui en tant qu’ancien haut fonctionnaire de l’ONU connaît bien le problème de la globalisation et en a parlé avec beaucoup de compétence dans son discours;
° la visite du château de Bogensperk avec un concert de musique baroque de haute qualité par le Trio Domen Marincic – dont la découverte agréable que l’adorable chanteuse qui attend un bébé est la fille de Morjan Strojan, le président du pen slovène…;
° les nombreux repas pris en compagnie d’anciens amis et collègues qu’on a la joie de retrouver, et de nouveaux amis et collègues qu’on a le plaisir de découvrir…

C’est tout ça la conférence du Comité pour la paix de Bled, et plus, beaucoup plus …

     Il m’a semblé que deux thèmes ont particulièrement retenu l’attention des conférenciers, mais j’avoue un certain parti-pris…:

1. l’ancien paradigme basé sur la croissance illimitée, le profit et le marché n’étant plus durable et viable, il est indispensable de le remplacer par un nouveau paradigme basé sur la croissance qualitative, la justice et la compréhension mutuelle. Nous les écrivains avons un rôle important à jouer : nous devons créer un nouveau langage qui exprime les valeurs de ce nouveau paradigme. Ce qui signifie que nous devons rejeter le langage creux, vide de sens et rationaliste des technocrates, des managers et des économistes qui ne sert que les intérêts d’une minorité de privilégiés, et qui est en train de mener le monde et la planète à une destruction certaine. Nous les écrivains avons la responsabilité de créer un nouveau langage vrai, authentique et viable dans les cultures, langues et valeurs minoritaires, y compris celles des peuples indigènes et aborigènes…

2. En ce qui concerne la paix au Moyen-orient, la solution des deux Etats étant soutenue par pratiquement tous les acteurs, Pen International doit jouer son rôle évident qui est de travailler pour la participation active des Pens israélien et palestinien dans cette solution. Le Pen israélien doit pratiquement être reconstruit de toutes pièces. La conférence de Haïfa peut et doit servir à cette reconstruction. Quant au Pen palestinien, des problèmes politiques existent et nous avons regretté l’absence de Hannan Awwad. Mais dans une lettre d’excuses à Edvard Kovac, la présidente du Pen palestinien a fourni des raisons valables pour cette absence : alors qu’elle se préparait à partir, elle a été convoquée d’urgence par Salam Fayyad, le premier ministre palestinien, pour une réunion dont le thème était l’élaboration d’une Charte dans laquelle la liberté d’expression occupera une place d’honneur. Donc : primo, il y a des invitations qu’on ne peut pas refuser ; et secundo, c’est une très bonne nouvelle pour les relations entre le Pen International, le Pen palestinien et le (futur) Pen israélien.

Pour conclure, j’aimerais terminer ce rapport avec deux remarques personnelles : c’était un véritable honneur pour moi de lire le message de Hannan Awwad, Peace Between Dream and Reality (merci à Edvard de l’avoir proposé); et de converser en turc avec mon ami Kaiser Özhun, le président du centre uyghur. 
                  L’année prochaine à … Bled (si Dieu le veut …)
Zeki Ergas
Secrétaire Général
Centre Pen Suisse Romand